Scout Saint Maron

Routier

1. Qui sont les Routiers

La route a pour but de former des hommes et des femmes parfaits au point moral, intellectuel et physique, pour mieux servir l’idéal, la patrie et le prochain. Autrement dit : former des hommes d’action supérieurs engagés dans le développement de l’humanité. Ce but étant très complexe, c’est pourquoi c’est la coutume de le diviser en objectifs:

  • Formation du caractère:
    Elle est bien la formation fondamentale sans laquelle les formations particulières manquent de base, d’assise garantissant leur durée, leur profondeur, leur valeur réelle. Former le caractère, ou plutôt achever de le former, sera donc le souci primordial en routisme.
    Éducation de la volonté par les difficultés de la route, mais aussi par un sain usage d’une liberté toujours accrue, par une conscience nette, née de l’exercice, de ses réelles responsabilités.
    En même temps éducation de l’affectivité.
  • Formation physique:
    Le routier porte son corps à son plein épanouissement physique et le maintient en bonne forme. Il se sait responsable de sa santé et de celle d’autrui. Il est audacieux et viril.
  • Formation intellectuelle
    La route stimulera le routier à se cultiver et l’orientera vers une culture engagée. Le palabre, la discussion, l’enquête l’amèneront au réalisme de la pensée en le faisant réfléchir sur des problèmes concrets. Les services et autres réalisations l’obligeront à penser en fonction de l’action. Les causeries, les voyages, les conversations, l’observation de la nature, les contacts humains, les cercles d’études sont autant de moyens de formation intellectuelle utilisés par le clan. Sous cet item, on peut aussi faire entrer la formation de la sensibilité esthétique.
  • Formation sociale
    Ce que nous voulons par la route, c’est former des hommes de bonne volonté, au sens très accusé, intellectuellement préparés et pratiquement entraînés à l’action, joignant à des habitudes d’observation, une juste confiance en eux-mêmes et le goût des réalisations.
  • Formation spirituelle
    Le routier cherche son équilibre, la paix intérieure.

2. Prière

Seigneur Jésus,
Qui Vous offrez à nous comme la Route vivante,
Toute irradiée par la lumière d’en haut,
Daignez Vous joindre à nous sur le chemin de la vie,
Comme vous fîtes jadis pour les Routiers d’Emmaüs.
Donnez-nous part à Votre Esprit,
Afin que nous découvrions la voie de votre plus grand service et que,
Nourris de l’Hostie, ce vrai pain des Routiers,
Nous cheminions allègrement, malgré fatigue et contradictions,
Sur le chemin qui mène droitement à la maison du Père.
Amen

3. Devise

  • Le routier cherche à maîtriser toute sa vie
  • Le routier n’est pas esclave de son confort
  • Le routier a le goût du risque
  • Le routier a le sens de la responsabilité
  • Le toutier a l’âme amicale
  • Le routier a l’amour passionné de la vérité
  • Le routier est avide de connaissances et d’informations
  • Le routier a l’esprit critique
  • Le routier aime le dialogue, l’échange
  • Le routier est attentif à la pensée d’autrui
  • le routier est un intellectuel engagé
  • Le routier se sent solidaire de son entourage et de l’humanité
  • Le routier cherche à transformer le monde autour de lui
  • le routier participe à l’animation de son milieu normal de vie
  • Le routier assume une responsabilité de chef au sein de la communauté
  • Le routier a l’esprit de service
  • Le routier a le souci de l’efficacité
  • Le routier doit se choisir un métier, s’y préparer, s’y perfectionner
  • Le routier prend une part active aux entreprises de la communauté
  • Le routier fortifie sa vie intérieure

4. Progression

La méthode de progression du Routier est basée sur le Service, également le but primordial de la Route. “C’est par le Service et par l’étude que ce Service exige de lui que le Routier achève sa formation”. Par la pratique du service, les techniques qu’il nécessite, les responsabilités qu’il implique, le routier développe des compétences et affirme sa personnalité. Le Service est donc éminemment formateur.

Le routier doit prendre le temps de construire ce projet de Service afin d’en être à la hauteur, c’est-à-dire de ne pas s’y engager à moitié. Pour cette raison, le scoutisme unitaire propose une progression en 2 étapes :

La première constitue une période de transition entre le scoutisme adolescent et le scoutisme adulte qui permet au routier grâce à la vie d’équipe et aux discussions de se préparer à un Service. Cette première étape se termine quand le routier a décidé d’un Service à rendre pendant un temps déterminé : Service pour lequel il s’est formé si nécessaire.

La deuxième étape est constituée des années de Service pendant lesquelles le routier vit en partie au sein du clan en partie en dehors pour rendre son service. Le Service prend une part importante de ses loisirs mais n’exclut pas les réunions du clan. Soirées d’étude, sorties sportives ou WE sur les routes sont alors l’occasion d’une mise en commun des expériences faites, des difficultés rencontrées, des résultats obtenus…

Pendant cette 2ème étape, le routier peut décider de prendre son “Départ”. Le Départ Routier représente l’engagement du Routier “à mener lui-même sa vie”, en homme à l’idéal résolu et voué à “servir”. Étant donné son caractère personnel, le Départ Routier résulte d’un libre choix que tous ne sont pas tenus de faire. Il a lieu lorsque le routier a pris pleine conscience de l’idéal de la Route, et décidé d’en faire l’idéal de sa vie. Un routier peut prendre le “Départ” au cours de ses années de service ou au moment de quitter le Clan. Le “Départ” est toujours l’objet d’un cérémonial approprié.

5. Parrain

Le parrain a un rôle capital dans le cheminement personnel du routier. Il est celui qui aide le routier à s’interroger sur sa personnalité, son avenir, son Unité de Vie. Aussi doit-il connaître son filleul, le rencontrer régulièrement pour faire le point.

Le parrain n’est pas un père spirituel ni un gourou. Il ne doit pas dicter à son filleul la marche à suivre, il ne doit pas le modeler à son image. Il doit plutôt amener le routier à se mieux connaître et à construire son unité de vie. Il l’incite à l’autoréflexion. Témoin de la progression de son protégé, il le rappelle à l’ordre au besoin, le secoue lorsque l’intérêt est à la baisse.

C’est l’aspirant routier qui fait son choix au cours de sa première année. Ce choix est très important et prendra un certain temps à s’effectuer. Il fera la différence entre une route exigeante, mais bénéfique et une route facile, mais pauvre. L’aspirant devra donc sonder les candidats avec soin. La confiance devrait régner entre filleul et parrain.

6. Project

Un projet de routier est un projet de service. Mais pour servir, il faut être conscient de ce qui se passe autour de soi; il faut avoir envie de servir. On peut distinguer 4 dimensions dans un projet de service:

  • Vouloir connaître ce qui se passe autour de soi:
    Cela nécessite de s’informer, de chercher, de rencontrer des personnes, de discuter parce que tout ce qui existe n’apparaît pas de façon évidente et à grand renfort de publicité.
  • Se sentir capable d’agir:
    La première réaction est de se dire qu’on n’y peut rien, que certains problèmes ne sont pas de notre compétence, qu’il y en a d’autres qui s’en occupent. Pourtant, en équipe, on peut agir, aider ceux qui agissent déjà.
  • Vouloir agir avec compétence et pertinence:
    S’attaquer aux causes plutôt qu’aux conséquences, agir avec la communauté…
  • Partager son expérience:
    Trop souvent, une fois qu’on a fini de faire ce qu’on avait prévu, on s’arrête. Pourtant, il reste à faire connaître ce que l’on a fait. Ainsi, d’autres verront ce qui se passe autour d’eux, ils auront envie d’agir avec compétence et pertinence.

Un projet trouve toujours à son origine l’attention que quelqu’un porte sur une situation qu’il juge problématique dans une communauté particulière. « Faudrait faire quelque chose pour… » Mais ça ne s’improvise pas. Il se vit en effet avec des personnes qui resteront une fois les aides parties. Il faut éviter les attitudes paternalistes, la pitié. Il faut éviter de savoir ce qui est bon pour les autres, mais se « contenter » de comprendre la situation avec les yeux des personnes concernées et de faire avec elles et non pour elles.

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